Les Vikings n’étaient pas blonds et n’avaient pas les yeux bleus !!!

En tout cas pas tous !

C’est ce que nous révèle une très sérieuse étude danoise publiée dans la non moins sérieuse revue (britannique !) Nature. Non que les colons venus en Islande soient partis d’Espagne ou du Portugal, tels des Conquistadors, mais parce que les pays scandinaves avaient reçu un nombre élevé de peuplades venues d’Europe centrale et du sud, dont beaucoup auraient ensuite poursuivi leur chemin alors que les paysans scandinaves restaient calmement chez eux. Les analyses génétiques sont impitoyables !

Vikings du 21èmes siècle…

Elles confortent par contre que les Vikings, bruns mais parfois blonds ou roux, venus en Islande sont bien partis de Norvège et des îles britanniques sur lesquelles ils s’étaient installés auparavant. Elles confirment aussi que ce sont des familles entières, voire des clans, qui font le voyage, vérifiant ainsi le Landnámabók. Le grand poète Egill Skalla Grímsson va s’en trouver rasséréné, lui qui était moqué pour sa chevelure noire et sa laideur.

Ce n’est, selon les auteurs de l’article, que depuis le 19ème siècle et le nationalisme romantique que les Vikings sont tous blonds et ont les yeux bleus. Ce qui explique que tel étudiant islandais en sciences politiques, très blond et devenu plus tard président de son pays, ait pu m’expliquer – il n’était pas le seul ! – voici plus d’un demi-siècle que ses concitoyens devaient leur robustesse physique et intellectuelle à leurs ancêtres aristocratiques scandinaves, sélectionnés par une traversée périlleuse et des conditions de vie difficiles.

Covid : point au 12 septembre – l’école

Dans ma dernière chronique je mentionnais l’inquiétude des autorités par rapport à un retour de Covid, qui les avait conduites à un resserrement des règles de convivialité et surtout à doubler les tests à l’entrée dans l’île malgré les protestations des professionnels du tourisme. Le graphique ci-dessous montre une sensible amélioration de la situation,

où le taux d’incidence interne (nombre de cas sur les deux dernières semaines rapporté à 100000 habitants) est tombé à 10.6 et à 5.5 à l’aéroport. Une seule personne est hospitalisée. Le nombre de tests a aussi diminué, en interne de 501 le 15 août à 334 le 12 septembre, et de 3191 à 755 à l’arrivée à Keflavík. Ce qui montre que le double test a réduit à presque rien le flux de touristes étrangers.

En ces temps de rentrée scolaire en France (en Islande elle a eu lieu mi-août), il m’a paru intéressant aussi de citer ici le communiqué du 2 septembre du ministère islandais de l’Éducation et de la Culture :

« La Ministre Lilja Alfreðsdóttir participait cette semaine à une téléconférence organisée par l’OMS à propos de l’école au temps de Covid 19. Voici ce qu’elle en dit :

Lilja

« La sécurité et le bien-être des élèves et des personnes travaillant dans les écoles ont été notre priorité, et au cours de la conférence je me suis sentie en accord avec les exposés de mes collègues du Danemark et de l’Italie. Nous avons abordé plusieurs sujets, et il est apparu que notre choix de garder les écoles ouvertes a été un bon choix. La communauté éducative islandaise a fait face à cette situation complexe avec responsabilité et pragmatisme, et nous devons l’en remercier et en être fiers. Nos contacts vont se poursuivre car nous pouvons beaucoup appendre des autres et améliorer nos connaissances. En cette période, c’est essentiel, et je suis optimiste sur notre capacité à trouver les approches les plus riches pour avoir un travail scolaire de qualité cet hiver. »

Où tout est dit :  !a priorité donnée à l’éducation, et l’ouverture aux expériences étrangères…

Il y a bien eu en mars quelques réticences de parents craignant une mise en quarantaine si des cas apparaissaient dans l’école de leur enfant, et effectivement quelques cas de covid dans les écoles, mais aucun drame. Et il y a des enfants dont le lien social a été préservé, et qui ont appris à se sentir responsables au même titre que les adultes lorsque leur communauté est confrontée à une menace. Et qui aujourd’hui se rendent à l’école sans crainte… et sans masque.

Chronique islandaise juillet-août 2020

Bonjour,

Covid, toujours Covid…  et des désaccords de plus en plus flagrants sur l’ouverture de l’île. Et si Covid disparaissait, voici, pour alimenter les chroniques à venir, le retour de la réforme constitutionnelle, certainement objet de superbes débats avant les élections législatives prévues le 25 septembre 2021.

Mais il y a aussi deux récompenses pour celles et ceux qui iraient jusqu’au bout de cette chronique : les liens pour deux versions de « Fire Saga », le tube de l’été islandais, l’une, l’originale, interprétée par Rachel Mc Adams (avec la voix de la Suédoise Molly Sandén), l’autre, plus originale encore et sans doublure, par Katrín Jakobsdóttir.

Bonne lecture et bon visionnage,

Michel Sallé

PS : si certains l’ignoraient (qui ?),  « Fire Saga » est la chanson du film « Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga » de Will Ferrel, qui se déroule à Húsavík

Covid 19, le retour ?

Certes on ne croyait pas en Islande plus qu’ailleurs en avoir fini avec Covid, mais les bons résultats obtenus au pic de la pandémie, l’absence d’infections depuis début juillet, permettaient d’espérer un retour progressif à une vie que l’on pourrait qualifier de « normale », même si les contraintes imposées sur l’île ont été plus légères qu’ailleurs. Las : voici que le 23 juillet Covid rappelle sa présence, et plus encore les jours suivants comme le montre le tableau suivant[1] :

NUHI = laboratoire de l’hôpital

Conséquence de l’arrivée de touristes ? Depuis mi-juin à ce jour (05/08) 70500 tests ont été effectués à Keflavík révélant 26 personnes infectées et 100 immunisées. Des passagers auraient ils enfreint leur engagement de se mettre en quarantaine, tels ces trois Roumains arrêtés quelques jours plus tard pour cambriolages ? D’autres auraient été testés négatifs à l’arrivée, puis positifs quelques jours plus tard.

téméraires ?

Mais les autorités semblent plus inquiètes de l’apparition d’infections « domestiques ». Il s’agit certes de valeurs encore faibles où personne n’est hospitalisé. Toutefois, le 4 août, 615 tests révèlent 9 infections, soit 1.5%, et 0.76% avec les 6 jours précédents, à comparer au taux de 0.25% constaté depuis le début de l’épidémie. L’inquiétude vient de ce qu’il semble impossible de retracer la source de ces infections, alors que les virus détectés sont de la même famille. L’Islande serait-elle en train de perdre le contrôle de l’épidémie ?  Suprême affront : constatant que son « taux d’incidence » (nombre d’infections au cours des 15 derniers jours pour 100000 habitants) est supérieur à 20, certains pays, dont la Norvège, veulent exiger la mise en quarantaine des voyageurs venus de l’île !

De fait, la question est d’actualité. Le mois d’août est plein de ces nombreuses rencontres festives qu’affectionnent les Islandais et qui sont très peu propices à la distanciation sociale,  par exemple : Verzlunarmannahelgi (weed-end des Commerçants), qui vient d’avoir lieu de manière beaucoup plus paisible que de coutume ou Menningarnótt (Nuit de la Culture), qui s’étendra cette année sur 10 nuits (13 au 23 août). Et surtout il y a le redémarrage de l’année scolaire dans la seconde quinzaine du mois. Faudra-t-il à nouveau prendre des mesures spéciales ?

30 juillet : Svandís (ministre de la Santé) et Katrín sous l’œil vigilant de Alma (directrice de la Santé)

Les autorités ne veulent pas être prises au dépourvu, avec peut-être un brin de dramatisation pour inviter la jeunesse notamment à plus de respect des précautions. Le 30 juillet le gouvernement annonce de nouvelle mesures, essentiellement : limitation des rencontres quelles qu’elles soient à 100 personnes (200 auparavant), et, grande nouveauté, port du masque lorsque la distance de 2 mètres n’est pas possible. De plus les personnes venues de pays « rouges », bien que testées négatives à leur arrivée, doivent se soumettre à un nouveau test si leur séjour est supérieur à 10 jours.

Car il y a évidemment le tourisme : ouvrir ou fermer plus ?  La question divise jusqu’au gouvernement. Faut-il croire certaines rumeurs selon lesquelles le Parti de l’Indépendance, qui détient les ministères-clés sur le sujet (Tourisme, Intérieur, Affaires Étrangères…) défendrait l’ouverture pour favoriser les activités de familles qui lui sont liées ?  Clochemerle n’est jamais loin en Islande, il serait dommage qu’il vienne infecter à son tour une situation déjà bien délicate !


[1] Comme toujours je reprends la version anglaise du site dédié à Covid. Il existe aussi une version en français mais il ne s’agit que d’un tableau dénué des graphiques et autres camemberts qui illustrent si bien la situation

Islande : les filles et le foot…

Tous les ans depuis 35 ans, Covid ou non, le Símamót (rencontres de Síminn, nom de l’opérateur historique de téléphonie aujourd’hui privé) rassemble pendant trois jours, cette année du 9 au 12 juillet, environ 2500 filles de 6 à 12 ans membres des divers clubs de football de Reykjavík et ses environs. Et parmi elles Melkorka Karímsdóttir Sallé !

Où rien ne manque : l’engagement, l’esprit de compétition, la solidarité, toutes ces valeurs sur lesquelles repose la communauté islandaise, et que les parents encouragent par leur présence tout au long du tournoi… Et 400 bénévoles pour que ça marche !

Il n’existe rien d’équivalent pour les garçons !!!