Les Islandais « petit peuple de pêcheurs » ?

Avec le referendum sur la reprise – ou non – des négociations d’adhésion à l’Union Européenne, l’Islande a été présente dans l’actualité internationale par plusieurs articles plus ou moins bien documentés, où souvent le rédacteur n’a pas résisté au cliché « petit peuple de pêcheurs » !  D’autant plus facile que le lobby de la pêche s’est montré extrêmement actif et généreux pour supporter le « non » !

Mais les Islandais sont-ils encore un « petit peuple de pêcheurs » ?

Petit, oui  !  l’île n’est aujourd’hui habitée que par 400000 personnes dont 80000 qui n’y sont pas nées. Le nombre d’habitants n’a dépassé le cap des 100000 habitants qu’en 1925, et ils n’étaient encore que 230000 en 1980 et 280000 en 2000.

Mais combien de pêcheurs ?  Les catégories statistiques n’aident pas à une réponse précise car elles incluent dans le secteur primaire la pêche et l’agriculture. De plus la transformation du poisson est comptabilisée dans le secondaire (industries). Mais même grossières les tendances restent évidentes : en 1980 le secteur primaire représente 13.2% de la population active, 8.3% en 2000 et 3.7% en 2025 !   Le secondaire lui aussi chute : 24% en 1980, 15.5 en 2000, 10.2 en 2025, dont la nouvelle activité de pisciculture. Le secteur de la construction est presque stable autour de 7 à 8%. C’est donc le tertiaire, où se trouvent pêle-mêle le tourisme, la banque, le commerce, l’éducation et tous les services, qui progresse : 54.5% en 1980, 68.7 en 2000 et 79% en 2025.

Et sur les 3.7% on considère qu’environ 2% de la population active est occupée dans les fermes. Soit un peu moins de 2% de marins-pêcheurs, dont bon nombre sont Polonais ou Baltes.

Pour ce qui concerne le PNB les statisticiens ont eu la bonne idée d’associer la pêche elle-même et les industries qui en dépendent, soit 18% du PNB en 1980, 10% en 2000 et 7% aujourd’hui. Donc logiquement la même décroissance !

Est-ce que l’on doit laisser disparaître les activités « primaires » ?

Non, évidemment, tant elles restent importantes pour le commerce extérieur. L’Islande importe environ 40% de ce qu’elle consomme, dont environ 11% de produits agricoles, qu’il faut équilibrer par des exportations. En 1980 le poisson représentait 60% des exportations, mais était encore à 90-95% 15 ans auparavant quand a commencé la production et la vente d’aluminium. Sa part est aujourd’hui de moins de 30%. Les produits agricoles ont aussi leur importance puisque leur production et consommation sur place permettent de limiter à 11% leur part dans les importations.

Produits de la pêche, mais aussi aluminium et tourisme, ont l’inconvénient d’être très exposés à des facteurs indépendants des Islandais : demande, cours mondiaux, courants marins, humeurs de tel ou tel potentat… Depuis quelques années les Islandais se sont tournés vers la mise en œuvre, en plus de leurs ressources naturelles, de leurs capacités intellectuelles.  Les exemples sont nombreux et multiformes : centres de données, génétique, pharmacie, ingénierie pour la production d’énergies, etc…  Et le succès est au rendez-vous puisque ces activités représentent aujourd’hui environ 30% des exportations, soit presque autant que le tourisme.

Stykkishólmur

« Petit peuple de pêcheurs » ?   C’est donc très peu visible dans les statistiques nationales. Ça l’est plus lorsqu’on visite ces villages côtiers qui se battent encore pour préserver leurs quotas ou sont devenus des musées. Et ça l’est plus encore dans le récit national, si présent dans la société islandaise. Et que les armateurs ont su agiter pour préserver leur position dominante.

Chronique islandaise – juillet-août 2026

Bonjour,

Ainsi à la question, « l’Islande doit-elle reprendre les négociations d’adhésion à l’Union Européenne » la réponse aura été : « à quoi sert-il de négocier si nous ne voulons pas de l’UE ! » par 52% des électeurs, très nombreux à se déplacer (82.6%°).

les Islandais tournent le dos à l’UE

Les derniers sondages montrent que ce sont bien deux visions de l’Islande qui apparaissent, presque de même poids. Coupure irrémédiable ?   Non : il y a eu aussi du plaisir à débattre publiquement pour la première fois de l’avenir de l’île et de sa place au milieu de l’Atlantique.

Seul regret : le « já » aurait permis de clarifier pour les Islandais ce qu’est effectivement l’Union Européenne et d’éviter ainsi un grand nombre de malentendus, volontaires ou non. Une prochaine fois ?

Je vous souhaite bonne lecture,

Michel

Chronique islandaise – juin 2026

Bonjour, 

17 juin

Voici ma chronique, pleine de politique tant le projet de référendum suscite de mouvements. Il sera évidemment au menu de ma prochaine chronique. 

On y parle aussi de chasse à la baleine, mais puisque mon texte se veut sérieux, je n’évoque pas les propos guerriers échangés entre les équipages des baleiniers et celui du Bandonero de Paul Watson. Je ne cite pas non plus la nationalité des pseudo-aventuriers qui se sont illustrés en détériorant avec leur Land-Rover cette nature que nous admirons tous. 

Je souhaite à tous un bel été, 

Michel

Chronique islandaise – mai 2026

Bonjour,

La comparaison ne peut être évitée : 35° à Paris, 7° à Reykjavík + des chutes de neige en divers lieux islandais !!!

Compensation :  il y a eu sur l’île une actualité politique faite de « chaleurs » :

  • à l’Alþingi, pour l’approbation du referendum du 29 août sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE, où le parti du Centre a fait ce en quoi il excelle : faire durer les débats,
  • partout : élections locales avec une incontestable victoire des partis de l’Indépendance et du Centre. Et une nouvelle majorité à Reykjavik où Hildur Björnsdóttir (parti de l’Indépendance) a refusé la main tendue par le parti du Centre,

Je vous en souhaite bonne lecture,

Michel

Chronique islandaise – avril 2026

Bonjour, 

Le 1er mai étant chômé en Islande, j’ai pris quelque retard dans la rédaction de ma chronique. Elle est largement consacrée à la politique extérieure et aux éventuelles négociations d’adhésion à l’UE (voir aussi cet article de blog). Fin mai nous reviendrons à la politique locale avec des élections qui promettent des surprises. 

Je vous en souhaite bonne lecture, 

Cordialement, 

Michel